Une femme au Népal, essaye d’adopter une petite fille népalaise et comme elle le dit « ce qui devait être un moment de bonheur s’est transformé en cauchemar ».
Après un résumé de la triste situation et un appel à l’aide, vous pourrez voir l’historique du dossier.
Katmandu, mercredi 21 février,
Me voici donc au Népal depuis le 1er janvier, venue chercher ma fille adoptive Neha, suite à l’accord du ministère népalais. Depuis, ce qui devait être un moment de bonheur s’est transformé en cauchemar. Aujourd’hui, la seule proposition qui m’est faite est de remettre Neha à l’orphelinat et de rentrer en France, avec une « éventuelle » nouvelle procédure de 5 à 6 mois, que personne ne veut me confirmer par écrit….
Cette solution est pour moi inenvisageable.
Nous vivons ensemble, avec Neha, depuis le 2 janvier, à l’hôtel et elle attend chaque jour de pouvoir partir en France, comme elle a vu ses amis de l’orphelinat le faire.
Je puis vous assurer que les parents biologiques de Neha ont voulu son adoption, qu’elle-même, qui a 6 ans, a très bien compris et qu’il ne s’agit en aucun cas de trafic d’enfant, même si l’orphelinat a commis une énorme erreur dans le montage du dossier.
Compte-tenu du souhait de la France de stopper les adoptions individuelles au Népal (ce qui va quasiment mettre un terme aux adoptions ici pour la France ), le dossier de Neha sert sans doute d’exemple et nous sommes devenus les boucs-émissaires d’une situation qui nous dépasse.
J’ai actuellement tous les documents nécessaires à la délivrance du visa pour la France ; depuis le début, aucun courrier ne m’a été adressé ni du gouvernement népalais ni du gouvernement français au sujet de l’adoption ou du visa, ni aucune notification d’annulation de la décision d’adoption.
En France, différentes personnes ont été contactées par ma famille afin de tenter une résolution amiable : des députés, Mr Douste-Blazy, Mme Chirac… sans aucun résultat à ce jour.
Je ne souhaite pas, pour l’instant, contacter la presse, même si je l’envisage en dernier recours avec, conjointement, une grève de la faim.
Aujourd’hui, je vous demande votre aide : pouvez-vous contacter tous les politiques et personnalités possibles pour leur demander leur intervention afin de débloquer cette situation et donner à Neha un visa d’entrée en France. Des courriers en masse dans les différentes régions de France auprès des maires et députés, auprès de Mr Douste-Blazy et Mr Chirac permettront de ne pas laisser enterrer mon dossier.
Merci d‘agir au plus vite, ma situation devenant de plus en plus critique à tous les niveaux.
Marie-Hélène Le Pargneux
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Historique au 20 février 2007 du dossier de Marie-Hélène LE PARGNEUX,
en attente au Népal du visa de sa fille, Neha.
- 1er janvier : arrivée au Népal, sur avertissement par les autorités que la petite Neha est adoptable immédiatement.
- 2 janvier : obtention par le ministère des femmes népalais (“ministry of women and social welfare”) du document attestant que Marie-Hélène LE PARGNEUX est officiellement la maman adoptive de Neha (décision du ministère des femmes en date du 24 décembre 2006 suite à l’abandon dans la rue de Neha).
- 5 janvier : obtention du laissez-passer (équivalent du passeport) de Neha par le ministère des affaires étrangères népalais.
- 9 janvier : rendez-vous a l’ambassade de France avec Madame Corinne GOYER, attachée consulaire. Mme le Consul m’a confirmé ultérieurement que, ce même jour, ma demande de visa, avec le compte-rendu de l’entretien, a été envoyée à la Mission de l’adoption internationale (MAI).
Durant ce rendez-vous, Mme Goyer a demandé à une personne népalaise travaillant à l’ambassade d’interroger Neha. Elle ne m’a pas demandé mon autorisation et a agi très rapidement sans m’expliquer ce qu’elle faisait. Durant cet interrogatoire (qui m’a été retraduit en français), Neha a dit que sa maman biologique l’avait amenée à l’orphelinat et était venue la revoir une fois.
L’attachée consulaire me propose alors de recontacter l’ambassade la semaine suivante concernant la demande de visa, soit le16 janvier.
- 11 janvier : les documents de renseignements concernant la demande de visa et la procédure d’adoption (avec les détails financiers) ont été remis a l’attachée consulaire par une famille d’adoptants qui avait rendez-vous avec elle.
- 12 janvier : rendez-vous a l’ambassade de France avec l’attachée consulaire pour légaliser l’ensemble des documents d’adoption traduits par l’Alliance française. J’ai alors tous les documents nécessaires à l’adoption de Neha, légalisés par la France.
- 15 janvier : madame Berthylde COSTILLE, consule, qui a repris ce jour la gestion de l’ensemble des dossiers d’adoption, nous apprend que les dossiers venant d’être transmis a la MAI ont été étudiés individuellement par la direction de la MAI et la ministre des Femmes népalaise, alors présente a Paris. Cette dernière a demandé à revoir les documents originaux népalais (documents que j’ai remis immédiatement à l’ambassade).
- 18 janvier : rendez-vous de Mme le Consul avec la ministre des Femmes népalaise. Celle-ci confirme la validité des décisions d’adoption prises par le ministère.
- 19 janvier : Mme le Consul nous dit que nous devons patienter encore, la MAI souhaitant attendre les résultats de la commission exceptionnelle organisée le 21 janvier par la ministre des femmes au Népal, commission mise en place pour mieux comprendre la démarche suivie par les membres pour valider les dossiers d’adoption.
par les membres pour valider les dossiers d’adoption.
- 22 janvier : Mme le Consul indique ne pas pouvoir joindre le ministère des Femmes ; elle pense que la commission ne s’est pas tenue du fait d’une grève a Katmandou. De plus, Mme le Consul nous dit que quelque soit le résultat de cette commission, la MAI souhaite que l’ambassade auditionne les familles biologiques.
- 23 janvier : nouveau rendez-vous avec Mme le Consul avec une autre famille adoptive; elle nous confirme son souhait d’auditionner les familles biologiques ; elle nous affirme ne pouvoir joindre la ministre des femmes du Népal, mais avoir convenu d’un rendez-vous téléphonique le lendemain avec monsieur Sapkota, secrétaire de la Ministre pour connaître les conclusions de la commission exceptionnelle.
- 24 janvier : Mme le Consul nous indique que la ministre des Femmes est partie a Pokhara (province du Népal) ; a son retour, elle doit contacter directement la directrice de la MAI.
- 25 janvier : Mme le Consul nous dit que la ministre des Femmes a eu un problème d’avion et n’a donc pu rentrer a Katmandu la veille comme prévu.
- 26 janvier : Mme le Consul m’informe que la MAI ne souhaite plus que les familles biologiques soient auditionnées, mais que la ministre des Femmes souhaite que je rencontre son secrétaire avec ma fille. Je contacte donc monsieur Sapkota qui me dit ne pas vouloir me rencontrer, mais souhaiter échanger avec les directeurs de l’orphelinat d’ou vient ma fille.
- 28 janvier : un rendez-vous est programmé entre le secrétariat de la ministre des Femmes et les directeurs de l’orphelinat.
- 01 février: le Rendez-vous ne débouche sur rien ; personne ne veut prendre position. En attente de prise de position de Mme le Consul.
- 12 février : entretien de Nita Le Pargneux (ma belle sœur venue nous rejoindre) avec Mme le Consul, qui dit que Marie-Hélène n’a pas de chance et que d’autres dossiers mieux «montés» sont passés sans difficulté au consulat qui a accordé les visas Mme le Consul fait pression pour que les parents biologiques soient retrouvés par l’orphelinat ou par nous-mêmes
- 14 février : entretien à l’ambassade avec monsieur Boos, sous-directeur aux droits internationaux de la Famille , délégué de la Mission d’adoption internationale alors à Katmandou pour analyser les problèmes dans les adoptions internationales. Il dit que : «votre cas illustre parfaitement les difficultés rencontrées dans de nombreux dossiers votre situation est «dramatique».
- 15 février : entretien avec les directeurs de l’orphelinat qui sont rassurés quant à eux après une visite du Ministère des Femmes dans la journée. Pour eux, le mieux est de remettre Neha à l’orphelinat et que nous rentrions en France. Ainsi, ils seraient complètement tranquilles, essaieraient plus tard de recontacter les parents biologiques pour leur faire signer un «réel acte d’abandon». La procédure pourrait repartir à zéro et peut-être Marie-Hélène pourrait-elle revenir chercher Neha dans cinq ou six mois.
- 16 février : entretien avec Mme le Consul qui n’a rien de nouveau, des deux côtés la procédure est «suspendue» et non cassée. Elle souhaite savoir ce que nous comptons faire : Marie-Hélène ne quittera pas le Népal sans Neha.
- 19 février : Marie-Hélène obtient au Bureau de l’Immigration népalais une prolongation de son visa touristique jusqu’au 30mars.
- 20 février : entretien avec l’Ambassadeur
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Lettre à l’attention de Monsieur Douste-Blazy
Je constate une situation de blocage qui dure depuis plus de six semaines maintenant, insupportable de notre point de vue, tant pour la mère que pour l’enfant. En effet, il est moralement inenvisageable pour Madame Le Pargneux de quitter le Népal sans cette enfant.
Neha est actuellement apatride, confiée par le Népal, refusée par la France.
Marie-Hélène Le Pargneux a aujourd’hui dépassé la limite légale des six semaines de congé sans solde autorisée par son employeur pour aller chercher son enfant, elle risque donc de perdre son emploi et porte actuellement ce souci matériel qui s’ajoute aux frais accumulés depuis son arrivée ici.
Psychologiquement, la situation est dramatique. La vie quotidienne dans une chambre d’hôtel népalais modeste avec une enfant de six ans devient extrêmement difficile et malsaine. La petite Neha n’est plus scolarisée et elles souffrent toutes les deux d’un isolement total, aucun secours moral ou matériel ne leur étant apporté par les représentants diplomatiques de la France au Népal.